François Perrodo

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François Perrodo

Message par guy3865 le Ven 14 Avr - 12:22

source Motorsport.com du 14/04/2017

François Perrodo : une P2, "c'est un véritable scalpel" !



Président du groupe pétrolier Perenco, François Perrodo s'attaque au LMP2 après un titre en GTE. Auprès de Motorsport.com, il s'est confié sur ses ambitions, et son métier de pilote qu'il doit gérer avec son métier au quotidien.

Champion en titre en GTE Am, François Perrodo, 40 ans, président du groupe pétrolier Perenco, tente cette année le LMP2 avec TDS Racing et son inséparable équipier Emmanuel Collard. Une nouvelle aventure pour le gentleman driver, qui cherche cette année à progresser au volant de son ORECA très..."Gwen ha du" [le drapeau breton, présent sur son prototype].

François Perrodo, vous avez découvert le prototype, en ce début de saison, comment s'est passée cette première expérience ?

La première découverte, c'était plutôt en début d'année. On a eu de la chance, j'ai pris la décision très rapidement de switcher sur le LMP2, je crois au Japon. Rapidement on a pris contact avec ORECA, choisi de sélectionner TDS, et de commander la voiture tôt. Ça a été une décision capitale, car nous avons pu la recevoir au mois de janvier, ce qui nous a permis de rouler dès fin janvier. Et heureusement, cela nous a permis de faire trois ou quatre séances avec Monza et ç'aurait été la catastrophe, en termes de performance pure. Je prends du plaisir au volant, mais je suis très loin de la performance des pros.

Vous n'aviez jamais roulé en prototype ?

Je n'avais jamais roulé dans ce genre de voitures. J'avais commencé la course auto avec une Porsche Cup, une GT3 R, et assez rapidement et naturellement. Je n'ai fait que du GT. Le passage d'une GT au proto, ça n'a pas été évident, mais on le savait. Il faut s'entraîner, rouler, enchaîner les kilomètres.

Pourquoi cette décision de tenter l'aventure en P2, après votre titre en GTE Am ?

On a fait une belle saison l'année dernière, et on s'est posé la question avec Emmanuel Collard, qui me suit et me coache depuis maintenant trois saisons. Chaque année, on regardait, on se disait c'est sympa, ça se passe en même temps que nos courses…

J'ai toujours regardé ça comme une discipline de pro, cela dit, et Manu me disait le contraire. La réglementation impose un gentleman driver, et surtout, il me disait qu'il fallait que j'essaie, que ce sont des voitures plus précises, peut-être pas plus faciles, mais plus fluides qu'une GT, on se bat moins avec la voiture. Et je n'osais pas sauter le pas, en me disant que j'avais encore du travail en GT. Le fait d'avoir le titre m'a fait dire que j'étais dans une période charnière. J'ai 40 ans, je me suis dit, si j'essaie le proto, mieux vaut tôt que tard. Si je n'essaie pas maintenant, je n'essaierai jamais.

Pas trop impressionné, par rapport à vos expériences en GT ?

J'appréhendais les premiers tests. On ne sait pas trop à quoi s'attendre. On parle de charge aéro, de douleurs dans le cou, et c'est vrai. C'est physique ! C'est physique dans le sens "contraintes physiques". Après, je suis d'accord avec Manu, on se bat moins avec la voiture. C'est un véritable scalpel : c'est collé par terre, c'est très précis. On sent que c'est une auto conçue pour la course et rien d'autre. Là, c'est autre chose, les passages en courbes, c'est grisant. Je suis encore loin mais on va s'y faire, petit à petit.

Passer en prototype change aussi votre vision du trafic ? Pas trop décontenancé par le fait de dépasser, et non d'être passé ?

Le trafic, ça fait un peu bizarre, le chassé devient le chasseur, donc les P1, ce n'est pas simple car on va quasiment aussi vite, et au freinage on freine a peu près au même endroit, d'autant plus qu'elles doivent récupérer de l'énergie. C'est plus dur pour mes pros que moi. Avec les GT, c'est tout le contraire, c'est un régal. Là avec la puissance, ce n'est pas un problème, mais cela ne veut pas dire que c'est facile. Par exemple, à Lesmo, entre les deux courbes, c'était impossible de passer une GTE Pro.

C'était également votre première à Monza, quel a été votre sentiment, au moment d'aborder cette piste ?

Un peu d'appréhension, c'est le temple de la vitesse, avec toute son histoire. Quand on a fait le track walk, on s'est rendus compte que c'était un circuit à l'ancienne, avec un revêtement bien pourri, notamment dans la parabolique, avec de l'herbe et des rails très proches, mais au final, ça s'est bien passé. J'ai mis une bonne demi-journée avant de prendre mes marques. J'y suis allé doucement, mais j'ai fini par prendre mes marques.

Monza, justement, était-ce une bonne préparation pour Le Mans, comme on a pu l'entendre dans le paddock ?

C'aurait été une bonne préparation avec le kit Le Mans, et ce n'était pas le cas. On a roulé avec le kit medium down-force. C'était intéressant pour les gros freinages, mais pas tant que ça. Les chicanes de Monza sont arrêtées, alors que celles des Hunaudières, on rentre avec de la vitesse. Personnellement, je dirais que non.

Passer du GT au prototype, cela impose aussi des contraintes physiques. Avez-vous dû accélérer votre préparation physique ?

J'ai fait plus de sport cet hiver, c'est clair. Pour une raison simple, le poids est un facteur important dans un prototype. Je dois peser 15 kg de plus que Matthieu Vaxiviere, et c'est déjà une demi-seconde de plus que je perds, sans pouvoir rien y faire. Évidemment, je fais le maximum pour être en forme, je fais de la course à pied, de la gymnastique. Ce n'est pas simple, car avec mon métier, je suis toujours à droite à gauche

Quand on est gentleman driver, justement, comment fait-on pour gérer son métier, chef d'entreprise, dans votre cas, et la course automobile ?

C'est surtout de l'organisation. Mes équipes savent qu'au Mans ou en week-end de course, je suis joignable par mail, téléphone. Avec les nouvelles technologies, c'est plus simple, même si ça ne vaut pas le terrain.

C'est de l'organisation, ce n'est pas toujours simple. Mon métier impose de voyager beaucoup. Donc il faut jongler avec les voyages boulots, les voyages course, la vie privée… Je ne me plains pas, je peux vivre ma passion ! Mais ça demande de l'organisation ! Cette année, la course prend un peu plus de place, il faut que j'arrive à gérer ça !

Le drapeau breton, c'est un clin d'œil à mes origines, et aux collaborateurs de mon entreprise, dont beaucoup sont Bretons. Au final, ça nous attire beaucoup de sympathie sur les circuits !
François Perrodo

Vous êtes arrivé assez tard dans le sport automobile, pourtant. Comment vous y êtes-vous lancé ?

Je n'ai jamais vraiment cru que la course était accessible à des amateurs. J'ai toujours été dingue de bagnole, j'ai toujours eu une passion pour Porsche. En fait, je suis arrivé dans la course via l'ancienne, via Crubilé Sport. J'ai acheté une Porsche 908 des années 1960, puis j'ai fait plusieurs Tour Auto. Puis je me suis rendu compte que c'était possible de faire de la course auto en amateur, je me suis lancé avec une Porsche Cup, en 2011.

Le Mans et l'Endurance sont arrivés assez vite ensuite…

Je suis venu au Mans avec Raymond Narac en 2012. Je me suis rendu compte qu'on pouvait faire la course en tant qu'amateur, et en 2013, l'opportunité s'est faite de participer à la course, suite au forfait du 56e stand, à l'époque. Je pensais les faire en 2014, mais finalement, on s'est présentés au départ, avec l'objectif de finir, ce qu'on a fait. Mais je me suis quand même demandé ce que je faisais là ! C'était une course un peu compliquée, mais j'en garde un bon souvenir !

Votre progression reste constante depuis vos débuts, comment l'expliquer ? Le travail ? Une volonté d'y aller pas-à-pas ?

J'ai vraiment essayé de ne pas aller trop vite. C'est là où le soutient de Manu a été essentiel. Et c'est là notre force, je vois des paires pro-amateur qui changent tous les ans. Nous, c'est différent. On a toujours discuté en milieu de saison, pour voir où j'en étais, juger ma progression, et on a décidé ainsi de venir en ELMS, de tenter le WEC, puis d'évoquer le P2. On s'est posé la question en 2015, mais Manu m'a dit d'attendre encore un peu, d'apprendre en GT une année de plus, de trouver un bon pilote Silver et de tenter. Pas de pression dans le résultat, mais tout cela, c'est le résultat de travail, d'analyses, d'essais.

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Re: François Perrodo

Message par guy3865 le Ven 16 Juin - 12:08

source Motorsport.com du 16/05/2017

Perrodo rêve d'un podium pour sa première en prototype



Après avoir remporté le titre en GTE Am en WEC l'an passé, François Perrodo s'apprête à disputer ses cinquièmes 24 Heures du Mans, ses premières en LMP2.

Cela ne fait que cinq ans que François Perrodo écume les plateaux des courses GT, notamment dans la catégorie GTE Am du WEC ces quatre dernières années. Après avoir conclu au deuxième rang de sa catégorie en 2015 au volant d'une Ferrari 458 AF Corse, le Français natif de Singapour a atteint la consécration l'an passé en décrochant le titre mondial GTE Am, toujours avec AF Corse, aux côtés d'Emmanuel Collard et Rui Aguas.

Fort de ce sacre, Perrodo et son compère Collard ont décidé de se lancer dans l'aventure du LMP2 en 2017, au volant de l'ORECA 07 du TDS Racing. Épaulé par Matthieu Vaxiviere, les deux hommes avaient effectué des débuts retentissants lors de l'ouverture du WEC à Silverstone, avec une belle troisième place de leur catégorie. La réussite ne fut guère au rendez-vous, l'équipage étant relégué loin dans le classement suite à une série de péripéties, dont une pénalité, des ennuis mécaniques et quelques excursions hors piste.

Après ces deux premières manches, c'est l'épreuve de vérité pour Perrodo, Collard, et un Vaxivire de retour, qui s'apprêtent à vivre des 24 Heures du Mans intenses, au volant du prototype ORECA 07.

"On s'est décidés assez tôt donc on a pu commencer les essais assez tôt, on est l'un des premiers teams à recevoir la voiture de la part d'ORECA", explique François Perrodo à Motorsport.com. "Cela a permis d'engranger des kilomètres, et heureusement, car les premiers roulages ont été vraiment compliqués. Maintenant cela commence à rentrer, Silverstone s'est bien passé, Spa beaucoup moins. Il y a eu des courses avec et des courses sans, et puis la Journée Test n'a pas été évidente, mais on a pu faire quelques kilomètres, surtout moi pour me caler par rapport aux nouveaux chronos, ce n'était pas trop mal."

Pur produit du GT, Perrodo a pris patiemment ses marques au volant de sa nouvelle monture, et il espère avant tout poursuivre son apprentissage lors de ces 24 Heures, en évitant d'aller au-delà de ses limites, et en appréhendant au mieux les nouvelles contraintes liées aux performances des LMP2.

Je connais le circuit, il n'y a pas de raison que cela se passe mal mais cela va tellement vite ; de là à aller attaquer et chercher un chrono, je ne suis pas encore à ce niveau.
François Perrodo

"Typiquement, Silverstone que je connais bien, j'étais plutôt à l'aise", continue Perrodo. "Après, à Spa, beaucoup moins. Le Mans c'est ma cinquième participation, je connais le circuit, il n'y a pas de raison que cela se passe mal mais cela va tellement vite ; de là à aller attaquer et chercher un chrono, je ne suis pas encore à ce niveau. L'objectif est de me rapprocher de mes deux coéquipiers professionnels en termes de temps au tour, j'espère que cela va venir."

Bien sûr, cela change en termes de performances, maintenant cela reste le même circuit, les voitures on les connaît depuis le début de la saison, on savait que cela irait beaucoup plus vite. On a beaucoup parlé des vitesses maximales, mais quand on est dans la voiture, on ne s'en rend pas tant compte que ça, cela défile plus vite, mais on s'y adapte assez facilement."

Une vigilance de tous les instants

"Le plus dur en ce qui me concerne c'est l'ergonomie. J'avais un problème à Spa avec la position de conduite, on va encore essayer de faire un baquet cette semaine, j'espère que ça ira pour la course."

"Je pense que cela sera plus facile derrière le volant d'un prototype, d'autant qu'avec plus de 100 chevaux de plus par rapport à 2016, ce n'est vraiment plus un problème de dépasser les GT. Par contre le plus dur sera toutes les phases de freinage où parfois on arrive forcément plus vite et où on n'aura pas le temps d'hésiter. Il faudra soit y aller franchement, soit ne pas y aller, si on hésite entre les deux, il pourra y avoir un contact. Il faudra être vigilant, surtout la nuit."

Après le podium de Silverstone, tous les espoirs sont permis avec l'ORECA 07 lors de cette édition 2017. Il faudra pour cela aligner un certain nombre de facteurs favorables.

"Il faut rester modeste"

"Il faut rester modeste", conclut François Perrodo. "Si on est dans le coup et que l'on ne fait pas d'erreur, et si la voiture est fiable, je pense que l'on peut faire quelque chose de très bien. On a vu depuis le début de saison que la fiabilité n'était pas toujours au rendez-vous, ce qui est logique car ce sont des voitures toutes neuves. On ne s'attendait pas à faire un podium à Silverstone, où nous avons fait notre course sans connaître de pépin. À Spa c'était une course à oublier avec les problèmes que nous avons rencontrés, même si les performances étaient assez bonnes."

"Pour Le Mans, même constat, on sait que nous ne sommes pas les plus rapides, surtout moi par rapport à certains pilotes Silver qui vont très très vite. Mais encore une fois, si je fais mon boulot sans erreur et que la voiture ne rencontre pas de problème, que nous nous arrêtons que pour les pneus et l'essence, on peut rêver d'un podium."

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